« Je crois en la religion de l’Amour, où que se dirigent ses caravanes,
car l'amour est ma religion et ma foi » ( Ibn Arabî )

Fusillade à Liège : la prison rend-elle plus violent ? Quelles leçons tirer ?

30, Mai 2018 by Philippe de Briey">Philippe de Briey in radicalisme,terrorisme     No Comments

 

Le périple meurtrier de Benjamin Herman ce mardi 29 mai 2018 laisse les éditorialistes belges francophones perplexes et incrédules ce mercredi. La « radicalisation » en prison est-elle « le talon d’Achille » de la sécurité dans le Royaume, ou la « cavale sanglante« , résulte-t-elle d’un « esprit dérangé et faible« , « en totale rupture avec la société« ? Face aux interrogations multiples, des appels aux réponses, mais aussi à la nuance, sont formulés.

 

Le ministre de la justice, Koen Geens, a déclaré : « Je me sens responsable, cela mérite un examen de conscience », mais quel sens ? Est-ce pour rendre l’univers carcéral encore plus dur qu’il n’est déjà, favorisant ainsi un accroissement de la haine et d’idées revanchardes ou de radicalisation ?

Je vous recommande d’écouter d’excellentes réflexions dans la séquence suivante extraite de la « Première » (RTBF auvio) : après 4 minutes de synthèse des réflexions de la presse, C’est Mme Solange Pourveur, membre de la Commission de surveillance des prisons de la Province de Liège, qui y exprime ses convictions :

  • Il est extrêmement difficile d’apprécier la dangerosité d’un détenu
  • Il est aussi malaisé de savoir pourquoi le forcené a disjoncté ce jour-là, alors que les 13 congés pénitentiaires précédents s’étaient bien passés
  • Les centres d’aide ne sont pas à même de suivre les détenus, même pas tous les entrants. Par après, c’est le détenu qui doit faire la demande d’une rencontre.
  • La prison concentre toutes les frustrations, pas étonnant que certains se radicalisent.
  • La prison génère beaucoup de violence, vu le peu d’humanité qu’on y rencontre.
  • Elle peut rendre certains plus violents, surtout quand ils se retrouvent seuls à leur sortie.
  • Conclusion : il y a un manque évident d’encadrement, déjà en IPPJ (pour les mineurs), faute de moyens.

 

Ce sont des choses que l’on connaît et que l’on réclame depuis longtemps, mais quand aurons-nous un gouvernement et des députés qui se décideront enfin à dégager les budgets pour la prévention, au lieu de tout miser sur la répression avec très peu d’humanité ?

Philippe de Briey, 30 mai 2018

Vous pouvez donc écouter cette intervention sur: http://www.rtbfradioplayer.be/radio/liveradio/lapremiere?rpAodUrl=http://rtbf-pod.l3.freecaster.net/rod/rtbf/geo/open/n/nqBqIURHYD.mp3&rpSt=10&rpSrp=8.0

 

N.B. Si vous pensez que de telles réflexions en valent la peine, pourquoi ne pas les transférer à vos amis , voire en leur recommandant le site http://reli-infos.be ?  Car les petits ruisseaux peuvent générer les rivières et changer les choses.