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A Mossoul, les habitants sont des boucliers humains enfermés chez eux par l’EI

19, Mai 2017 by Philippe de Briey">Philippe de Briey in terrorisme     ,   No Comments

 

Des maisons piégées à l’explosif avec leurs habitants à l’intérieur, des portes soudées pour empêcher la population de fuir: les jihadistes du groupe Etat islamique se préparent à l’assaut final des forces irakiennes sur Mossoul, où les civils servent de boucliers humains.

Les troupes irakiennes progressent chaque jour un peu plus vers les ruelles étroites de la vieille ville, dernier bastion de l’EI dans Mossoul que ses combattants entendent défendre jusqu’à la mort, comme le leur a demandé leur leader Abou Bakr al-Bagdadi.

Les habitants savent également l’issue proche mais pour eux, impossible de fuir.

« Daech (acronyme arabe de l’EI, ndlr) est venu chez nous et a soudé la porte. Il nous ont donné un peu d’eau, un tissu blanc et ils nous ont dit: +Voici votre linceul+ », a raconté une habitante du quartier de Zinjili à un de ses proches résidant dans la partie est de Mossoul, reprise fin janvier par les forces irakiennes.

Dans un message vocal, elle a confié, en pleurs, être prisonnière dans sa propre maison, sans nourriture, avec son mari et ses quatre enfants, dont la plus âgée a 15 ans.

« Quand ils soupçonnent une famille de vouloir partir, ils les enferment chez eux. Et dans certains cas, ils soudent les portes », confirme un habitant du quartier Mashahda, dans la vieille ville, qui se présente sous le nom d’Abou Rami.

Maisons piégées

« Ces familles n’ont pas d’autre choix que de mourir de faim, de maladie ou de bombardement », soupire le jeune homme de 35 ans, joint au téléphone par l’AFP.

L’EI mène cette stratégie de « détention » de civils « depuis peu », explique-t-il.

Avec environ 600 hommes encore présents dans la partie ouest de la deuxième ville du pays, selon le militant de la société civile Abdelkarim al-Obeidi, les jihadistes sont en sous-nombre face aux milliers de combattants des services antiterroristes (CTS), de l’armée et de la police fédérale.

Les boucliers humains sont leur défense. Environ 250.000 personnes sont retenues dans la vieille ville et dans la poignée de quartiers alentours contrôlés par l’EI, estime M. Obeidi.

Pour éviter un exode civil, les jihadistes ont également piégé des maisons à l’explosif, une tactique déjà largement utilisée contre les forces gouvernementales ces derniers mois pour endiguer leur progression.

AFP Publié le jeudi 11 mai 2017 à 16h33 –

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